Arrêt maladie et démission : quelles sont les règles à respecter ?
Vous êtes en arrêt maladie et vous envisagez de démissionner. Est-ce possible ? Quelles règles s’appliquent au préavis ? Que deviennent vos indemnités journalières ? Le droit du travail répond clairement à ces questions. Un salarié peut rompre son contrat même pendant un arrêt, mais certaines conséquences méritent d’être anticipées. On fait le point de façon simple et précise.
Le droit du travail impose des obligations précises dans de nombreuses situations : un salaire versé en trop doit-il obligatoirement être remboursé à l’employeur ? L’arrêt de travail doit être transmis sous 48 h, tandis que les règles applicables aux indemnités kilométriques concernent aussi bien les salariés que les employeurs. Il est également important de connaître le cadre du travail le dimanche dans le secteur privé et de savoir combien de renouvellements sont possibles en cas de prolongation d’arrêt maladie.
Peut-on démissionner pendant un arrêt maladie ?
Oui. Aucun texte n’interdit au salarié de démissionner pendant un arrêt de travail, qu’il s’agisse d’une maladie ordinaire, d’une dépression, d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Le Code du travail (article L. 1231-1) prévoit que le contrat à durée indéterminée peut être rompu à l’initiative du salarié à tout moment.
La démission doit simplement être claire et non équivoque. Elle se notifie par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Vous n’avez pas à motiver votre décision.
Cette liberté existe même si vous êtes encore en arrêt au moment de l’envoi de la lettre.

Le préavis : la grande différence selon l’origine de l’arrêt
Le point le plus important concerne le préavis. Les règles changent selon la nature de l’arrêt.
Maladie non professionnelle
L’arrêt maladie classique (grippe, opération, burn-out non lié au travail) n’interrompt pas le préavis. Celui-ci continue de courir normalement pendant votre absence. Si l’arrêt se termine avant la fin du préavis, vous devez reprendre le travail pour effectuer les jours restants, sauf dispense de l’employeur. Si l’arrêt dépasse la durée du préavis, le contrat prend fin à la date initialement prévue, même si vous êtes encore arrêté.
Accident du travail ou maladie professionnelle
Dans ce cas, le préavis est suspendu pendant toute la durée de l’arrêt. Il ne reprend qu’à la fin de l’arrêt. La durée totale du préavis est donc prolongée d’autant.
Pour les questions de litiges liés à la rupture, le Conseil de prud’hommes reste compétent.
Tableau récapitulatif des conséquences
| Situation | Préavis | Indemnité compensatrice de préavis | Droit au chômage (principe) | IJSS après rupture |
| Maladie non professionnelle | Court normalement | Non due (impossibilité d’exécuter) | Non (sauf légitime) | Oui (sous conditions) |
| Accident du travail / MP | Suspendu pendant l’arrêt | Non due | Non (sauf légitime) | Oui (sous conditions) |
| Dispense à la demande du salarié | Non effectué | Non due | Non | Oui |
| Dispense à l’initiative employeur | Non effectué | Due | Non | Oui |
Ces règles sont confirmées par service-public.fr et la jurisprudence constante de la Cour de cassation.
Que deviennent les indemnités journalières ?
La démission n’interrompt pas automatiquement le versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale. Tant que votre arrêt reste médicalement justifié et que vous remplissez les conditions d’affiliation, la CPAM continue de vous indemniser, y compris après la fin du contrat.
En pratique, les droits peuvent être maintenus jusqu’à 12 mois après la rupture dans certains cas. Il est prudent d’informer la CPAM de la fin de votre contrat et de lui transmettre les documents nécessaires (attestation de salaire notamment).
Ne confondez pas les indemnités journalières avec le complément de salaire versé par l’employeur, qui s’arrête généralement à la rupture du contrat.
A-t-on droit au chômage après une démission en arrêt maladie ?
En principe, non. Une démission est une rupture volontaire. Elle n’ouvre pas droit à l’allocation de retour à l’emploi (ARE), sauf si elle est reconnue comme démission légitime par France Travail. Les cas de légitimité sont limités (suivi de conjoint, non-paiement du salaire, harcèlement avéré, etc.).
Vous pouvez demander un réexamen de votre situation après 121 jours sans emploi, mais ce n’est pas automatique. Si votre objectif est de conserver des droits au chômage, d’autres modes de rupture comme la rupture conventionnelle sont souvent plus adaptés.
Les formalités à respecter
- Rédigez une lettre de démission claire, datée et signée.
- Envoyez-la en recommandé avec accusé de réception ou remettez-la en main propre contre décharge.
- Respectez le délai de préavis prévu par votre convention collective ou votre contrat.
- Informez la CPAM de la rupture du contrat.
- Demandez votre solde de tout compte, votre certificat de travail et l’attestation France Travail.
Même en arrêt, vous devez continuer à respecter les obligations liées à l’arrêt (horaires de sortie, contrôles médicaux).
Peut-on être dispensé de préavis ?
Oui, de deux façons. Vous pouvez demander une dispense à votre employeur. S’il accepte, aucune indemnité compensatrice n’est due. L’employeur peut aussi décider de vous dispenser de sa propre initiative. Dans ce cas, il doit vous verser l’indemnité compensatrice de préavis correspondant à la période non effectuée.
Tout doit être formalisé par écrit pour éviter les contestations.
Cas particuliers et points de vigilance
Si la démission est donnée sous la pression ou alors que votre discernement est altéré (traitement médicamenteux lourd, pathologie psychique), elle peut être contestée pour vice du consentement. La jurisprudence est protectrice sur ce point.
En cas de harcèlement ou de manquements graves de l’employeur, d’autres voies existent (prise d’acte, résiliation judiciaire). La page sur le harcèlement moral au travail peut vous éclairer.
Pour estimer le coût d’un accompagnement, consultez la page sur les honoraires de l’avocat en droit social.
Démissionner pendant un arrêt maladie est parfaitement légal, mais les conséquences sur le préavis, le chômage et les indemnités demandent une attention particulière. Une décision précipitée peut avoir des effets durables. Si votre situation est complexe ou si un désaccord apparaît, un regard extérieur peut clarifier les options. Vous pouvez prendre contact pour exposer votre cas. Pour une vision plus large, la page dédiée au droit social et les actualités du site restent des ressources utiles, tout comme la page sur le meilleur avocat en droit du travail à Paris.

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