3 minutes de lecture | 18 août 2026

Prolongation d’un arrêt maladie : combien de renouvellements sont autorisés ?

Vous êtes en arrêt maladie et vous vous demandez combien de fois il peut être prolongé ? La question revient souvent. En droit du travail et en droit de la sécurité sociale, il n’existe aucune limite légale au nombre de renouvellements. Ce qui change, ce sont les durées maximales de chaque prescription et les plafonds d’indemnisation.

 

Face aux aléas de la vie professionnelle, le salarié doit connaître ses droits et obligations : un retard dans la déclaration d’un accident du travail peut générer des risques importants, tout comme la question de partir en vacances pendant un arrêt maladie. Il est aussi utile de tout savoir sur le congé sabbatique, de respecter les règles applicables en cas de démission durant un arrêt maladie, ou encore de maîtriser les conditions de remise de la lettre de licenciement directement au salarié.

Aucune limite au nombre de prolongations

Le Code de la sécurité sociale ne fixe aucun quota de renouvellements. Tant que votre médecin estime que votre état de santé ne permet pas la reprise, il peut prescrire une nouvelle prolongation. Que ce soit la deuxième, la cinquième ou la dixième, le critère reste purement médical.

 

Ce n’est pas un compteur administratif qui décide, c’est l’évaluation clinique.

 

Les contrôles de la CPAM deviennent plus fréquents après plusieurs mois d’arrêt, mais ils ne bloquent pas automatiquement les prolongations.

Ce qui change à partir du 1er septembre 2026

Depuis le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, de nouveaux plafonds s’appliquent aux arrêts prescrits à compter du 1er septembre 2026 :

 

Type de prescription Durée maximale
Arrêt initial 31 jours
Chaque prolongation 62 jours

 

Ces plafonds concernent les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes. Ils ne s’appliquent pas à Mayotte.

 

Le médecin peut déroger à ces durées s’il justifie sur la prescription que l’état de santé du patient nécessite une durée plus longue, en tenant compte éventuellement des recommandations de la Haute Autorité de santé.

 

Le nombre total de renouvellements reste illimité. Un salarié peut donc enchaîner plusieurs prolongations de 62 jours si son état le justifie.

Les plafonds d’indemnisation

Même si les prolongations sont illimitées, le versement des indemnités journalières (IJSS) est plafonné.

 

Situation Durée maximale d’indemnisation
Maladie ordinaire 360 jours sur 3 ans glissants
Affection de longue durée (ALD) 3 ans (36 mois)
Accident du travail / Maladie professionnelle Pas de plafond (sous conditions)

 

Au-delà de ces durées, l’arrêt peut se poursuivre sur le plan médical, mais sans prise en charge financière par la Sécurité sociale. L’employeur peut continuer à verser un maintien de salaire selon la convention collective.

Comment se déroule une prolongation ?

La prolongation doit être prescrite avant la fin de l’arrêt en cours (ou au plus tard le lendemain) pour être considérée comme continue. Les dates doivent se suivre sans interruption de plus de 48 heures.

 

Qui peut prolonger ?

 

  • Le médecin qui a prescrit l’arrêt initial
  • Le médecin traitant
  • Exceptionnellement : un remplaçant, un spécialiste consulté à la demande du médecin traitant, ou un médecin hospitalier

 

En dehors de ces cas, l’assuré doit justifier auprès de la CPAM l’impossibilité pour le médecin traitant ou le prescripteur initial d’assurer la prescription.

 

Vous devez transmettre l’avis de prolongation :

 

  • À la CPAM sous 48 heures
  • À votre employeur sous 48 heures

 

Le non-respect de ces délais peut entraîner une perte d’indemnités.

Délai de carence et continuité

En cas de prolongation continue, aucun nouveau délai de carence de 3 jours n’est appliqué. L’indemnisation se poursuit sans interruption.

 

Si une interruption de 3 jours calendaires ou plus sépare deux arrêts, le second est traité comme un nouvel arrêt initial. Un nouveau délai de carence s’applique alors.

Contrôles et suivi médical

Au-delà de certaines durées, la CPAM peut organiser un contrôle médical. Le médecin-conseil peut convoquer le salarié. Un avis défavorable peut entraîner la suspension des indemnités.

 

À partir de 30 jours d’arrêt, une visite de préreprise auprès du médecin du travail est possible. Elle permet d’anticiper les conditions de retour (aménagement de poste, temps partiel thérapeutique…).

 

Pour les situations conflictuelles liées à un arrêt long, la page sur le Conseil de Prud’hommes apporte des informations utiles. En cas de pression ou de litige, consultez également la page sur le harcèlement moral.

Arrêt maladie et rupture du contrat

Un arrêt maladie n’empêche pas une rupture conventionnelle ou un licenciement pour motif économique, sous conditions. En revanche, un licenciement motivé par l’état de santé est en principe nul.

 

Si vous envisagez une rupture pendant un arrêt long, le guide sur la rupture conventionnelle peut vous éclairer. Pour anticiper les coûts d’un éventuel contentieux, consultez la page sur les honoraires d’avocat en droit social.

 

Les actualités juridiques du site présentent régulièrement des évolutions sur les arrêts de travail. Pour un accompagnement localisé, la page meilleur avocat droit du travail à Paris et celle sur le meilleur avocat droit du travail peuvent vous orienter. En cas de situation internationale, la page sur l’expatriation et le droit social complète ces informations.

 

En résumé, le nombre de renouvellements d’un arrêt maladie n’est pas limité. Ce qui est encadré, ce sont les durées de chaque prescription (31 jours puis 62 jours à partir de septembre 2026) et les plafonds d’indemnisation. Respecter les délais de transmission et anticiper le retour au travail reste essentiel. En cas de doute ou de difficulté, un éclairage juridique personnalisé s’obtient facilement via le formulaire de contact.

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