Transmission et succession d’un domaine viticole
Transmettre un domaine viticole ne se résume pas à signer un acte, c’est un moment où se croisent droit des successions et du patrimoine, fiscalité complexe et histoire familiale. Pour de nombreux vignerons, la valeur élevée des vignes et des bâtiments fait exploser les droits de mutation, au risque de devoir vendre une partie du domaine pour payer le fisc. En parallèle, les enfants ne partagent pas toujours le même projet, certains souhaitent reprendre l’exploitation, d’autres préfèrent un partage purement financier, ce qui renforce le besoin d’un cadre juridique clair.
Pourquoi la transmission d’un domaine viticole est si sensible ?
Un domaine viticole cumule une forte valeur économique, une charge fiscale élevée et une dimension affective, ce qui rend le droit des successions et du patrimoine incontournable. En 2023, la valeur de la production viticole française avoisinait 15,5 milliards d’euros, soit environ 16% de la valeur de la production agricole nationale, ce qui illustre le poids de ce secteur dans le patrimoine des familles.
En parallèle, les terres viticoles connaissent une hausse régulière de prix, avec une progression d’environ 1,5 % du foncier viticole en 2023, ce qui renforce l’impact fiscal lors d’une succession. Cette pression foncière participe à la réduction du nombre d’exploitations, la France ayant perdu près de 11 000 entreprises viticoles entre 2010 et 2020, ce qui montre à quel point la gestion patrimoniale est devenue stratégique. Sans anticipation juridique et fiscale, un domaine peut se retrouver fragilisé en une seule génération.

Les grands principes juridiques du droit des successions appliqués au domaine viticole
Pour organiser une succession viticole, il faut maîtriser les bases du droit des successions et du patrimoine, en particulier la réserve héréditaire, la quotité disponible et la protection du conjoint. En France, certains héritiers sont dits réservataires, généralement les enfants, ce qui signifie qu’une part minimale de l’héritage leur revient, quelle que soit la volonté exprimée dans un testament.
Le conjoint survivant bénéficie lui aussi d’un statut protecteur, notamment sur le logement familial, qui peut se combiner avec des droits en usufruit ou en pleine propriété sur une partie du domaine viticole. La rédaction d’un testament précis permet alors d’articuler ces règles avec un projet de reprise familiale, par exemple en accordant l’usufruit de l’exploitation à un enfant repreneur et la nue propriété à l’ensemble des héritiers. Cette mécanique juridique, au cœur du droit des successions, demande une analyse fine de la situation familiale et patrimoniale.
Les enjeux fiscaux : droits de mutation et régimes de faveur
La fiscalité est un pilier du droit des successions et du patrimoine pour un domaine viticole, car les droits de mutation à titre gratuit (donation ou succession) sont calculés sur une base souvent très élevée. Pour alléger cette charge, le Code général des impôts propose plusieurs régimes de faveur, notamment les exonérations partielles sur les biens ruraux exploités ou loués par bail rural à long terme.
Depuis les réformes récentes, certains dispositifs permettent une exonération de 75% des droits jusqu’à des seuils revalorisés, avec des engagements de conservation des biens pendant plusieurs années, ce qui constitue un levier puissant pour préserver les exploitations familiales. Ces régimes demandent cependant le respect strict de conditions (durée du bail, durée de conservation, poursuite de l’exploitation), faute de quoi les exonérations peuvent être remises en cause.
Tableau – Exemples de dispositifs fiscaux favorables aux transmissions viticoles
| Dispositif (France) | Principe fiscal (résumé) | Conditions principales |
| Exonération partielle biens ruraux (art. 793 bis CGI) | Exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit sur certains biens ruraux, notamment en cas de bail rural à long terme, ce qui allège fortement la fiscalité sur le foncier viticole | Bien rural éligible, bail en place depuis un certain délai avant la transmission, engagement de conservation des biens pendant plusieurs années |
| Exonération 75% transmissions (réforme 2025) | Exonération de 75% des droits de mutation à titre gratuit jusqu’à 600 000 euros, avec possible extension jusqu’à 20 millions d’euros sous certaines conditions de conservation longue | Conservation minimale des parts ou biens pendant 5 ans, engagement de conservation renforcé (18 ans) pour bénéficier des plafonds les plus élevés |
| Réhaussement du seuil 75% pour baux à long terme | Relèvement du seuil d’exonération à 75% de 300 000 à 500 000 euros pour les biens donnés à bail rural à long terme, ce qui favorise la transmission des vignes louées | Bail rural à long terme, conservation des biens pendant 10 ans, affectation des biens à l’exploitation |
Ces régimes d’exonération s’articulent avec des stratégies classiques du droit des successions et du patrimoine, comme la donation en pleine propriété ou en nue propriété, mais leur mise en œuvre doit être calibrée cas par cas. Un audit fiscal du domaine permet souvent de gagner plusieurs centaines de milliers d’euros de droits sur une transmission importante.
Donation, donation‑partage et préparation anticipée
La donation est un instrument central du droit des successions et du patrimoine appliqué aux domaines viticoles, car elle permet d’anticiper le partage tout en profitant d’abattements renouvelables tous les 15 ans. La donation‑partage offre un avantage supplémentaire, puisqu’elle fige la valeur des biens au jour de l’acte et répartit immédiatement les droits entre les héritiers, ce qui limite les contestations futures.
Dans une famille où un seul enfant souhaite reprendre l’exploitation, la donation‑partage peut attribuer les parts de la société d’exploitation ou certaines parcelles à l’enfant repreneur, tandis que les autres héritiers reçoivent d’autres biens ou une soulte. Cette approche concilie le droit des successions et du patrimoine avec la réalité économique de l’exploitation, car elle évite une indivision ingérable sur les vignes et sécurise le repreneur face aux aléas familiaux. Plus la préparation commence tôt, plus les marges de manœuvre fiscales et civiles sont larges.
Sociétés, baux ruraux et outils juridiques pour organiser le domaine
La structuration juridique du domaine est un autre volet clé du droit des successions et du patrimoine, notamment à travers la création de sociétés civiles ou d’exploitations sociétaires. Séparer le foncier (logé par exemple dans une structure patrimoniale) et l’outil d’exploitation (société d’exploitation) permet souvent d’optimiser la transmission en jouant sur la cession ou la donation de parts plutôt que sur des mutations directes de parcelles.
Le recours à des baux ruraux à long terme, en particulier, favorise l’accès aux régimes d’exonération partielle des droits de mutation, ce qui en fait un outil apprécié dans la gestion patrimoniale viticole. Ces dispositifs sont au croisement du droit rural, du droit fiscal et du droit des successions et du patrimoine, et nécessitent l’appui d’un professionnel pour ajuster la durée des baux, les engagements de conservation et la répartition des parts sociales. Une structuration bien pensée facilite aussi la reprise progressive par un enfant déjà impliqué dans l’exploitation.
Conflits entre héritiers et sécurisation du partage
Même avec un cadre légal précis, la dimension humaine reste au cœur du droit des successions et du patrimoine lorsque l’on parle d’un domaine viticole. Les tensions peuvent naître autour de la valorisation des vignes, de la volonté de vendre ou non, ou encore du rythme de reprise de l’exploitation par un des enfants.
Sans anticipation, on se retrouve parfois avec une indivision paralysante, où un héritier souhaite vendre alors que les autres refusent, ce qui peut conduire à une procédure judiciaire de partage forcé.
La mise en place d’un pacte familial, d’un testament détaillé ou d’une donation‑partage équilibrée en amont réduit nettement ce risque, car le droit des successions et du patrimoine sert alors de cadre pour traduire juridiquement les accords familiaux. Un accompagnement par un avocat spécialisé permet aussi de gérer les contentieux déjà ouverts et de rechercher des solutions transactionnelles préservant l’exploitation.
Bonnes pratiques pour préparer la transmission de votre domaine viticole
Pour utiliser pleinement le droit des successions et du patrimoine au service de votre domaine, certaines étapes pratiques sont particulièrement utiles.
Voici quelques réflexes à adopter :
- Faire réaliser un bilan patrimonial complet du domaine, incluant foncier, bâtiments, stocks, marque éventuelle et dettes.
- Identifier clairement les héritiers qui envisagent une reprise et ceux qui souhaitent plutôt une compensation financière.
- Étudier les options de donation, donation‑partage et baux ruraux à long terme pour profiter des régimes fiscaux de faveur.
- Vérifier la pertinence d’une structuration en société pour dissocier foncier et exploitation.
- Formaliser les décisions dans un testament ou des actes notariés cohérents avec les objectifs familiaux et économiques.
Une démarche progressive, entamée plusieurs années avant la transmission, permet d’éviter les décisions précipitées après un décès.

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