Quels sont les droits du conjoint survivant sur le logement familial lors d’une succession ?
Lors d’une succession, le conjoint survivant se pose presque toujours la même question : je peux rester dans le logement familial sans être obligé de vendre ou de partir immédiatement ? Cette angoisse est au cœur du droit des successions et du patrimoine, qui prévoit des protections spécifiques pour le logement de la famille en cas de décès.
En France, le Code civil accorde au conjoint survivant plusieurs droits, droit de rester dans les lieux pendant un an, droit viager au logement, droit à l’attribution préférentielle, qui peuvent s’ajouter à sa part d’héritage. Pourtant, ces droits dépendent du type d’union, mariage, Pacs, concubinage, de la propriété du bien et de la présence d’enfants. Comprendre ces règles permet au conjoint survivant de protéger concrètement son cadre de vie et de préparer à l’avance, avec un avocat, une stratégie patrimoniale sécurisée.
Le cadre légal, quand le conjoint survivant est protégé
En droit des successions et du patrimoine, le conjoint survivant marié bénéficie d’une protection très forte sur le logement familial, que le bien soit en pleine propriété du défunt ou commun aux deux époux. Tant qu’il n’y a pas eu de divorce, le conjoint survivant est considéré comme héritier à part entière, avec des droits spécifiques sur la résidence principale.
Selon les sources officielles, le droit au logement repose principalement sur deux mécanismes, le droit temporaire d’un an et le droit viager au logement, complétés par la possibilité d’attribution préférentielle au moment du partage. À l’inverse, les partenaires de Pacs et les concubins n’ont pas les mêmes garanties automatiques, ce qui rend la rédaction d’un testament et l’accompagnement par un avocat encore plus importants.
En pratique, beaucoup de couples découvrent ces règles trop tard, au moment du décès, alors qu’une simple anticipation en droit des successions et du patrimoine aurait permis de sécuriser le logement familial.

Le droit temporaire au logement, un an de protection automatique
Le droit temporaire au logement permet au conjoint survivant de rester dans le logement familial pendant l’année qui suit le décès, sans avoir à payer de loyer à la succession lorsque le logement appartenait au défunt ou aux deux époux.
Ce droit s’applique, que le logement soit en propriété ou en location, dès lors qu’il s’agissait de la résidence principale du couple au moment du décès. Lorsque le logement était loué, la succession prend en charge les loyers pendant un an, ce qui évite au conjoint survivant une charge financière immédiate. Ce droit est d’ordre public, il ne peut pas être supprimé par un testament, et le conjoint survivant n’a aucune démarche particulière à faire pour en bénéficier.
Ce que couvre concrètement le droit temporaire
Le droit des successions et du patrimoine prévoit que ce droit temporaire porte à la fois sur le logement familial et sur le mobilier qui le garnit, dans la mesure où ce mobilier fait partie de la succession. Le conjoint survivant occupe les lieux gratuitement au regard des autres héritiers, sans indemnité d’occupation, même si le bien est en indivision avec des tiers.
Si une indemnité d’occupation est due à un tiers propriétaire, elle peut être remboursée par la succession, ce qui limite fortement l’impact financier direct sur le conjoint survivant. Ce mécanisme donne un temps de respiration pour organiser la succession, envisager un rachat de parts, ou préparer un déménagement dans un autre logement mieux adapté.
Le droit viager au logement, rester dans le logement familial à vie
Au-delà de la première année, le conjoint survivant peut bénéficier d’un droit viager au logement, c’est-à-dire le droit d’habiter le logement familial jusqu’à son propre décès, assorti d’un droit d’usage sur le mobilier. Ce droit s’applique lorsque le logement appartenait entièrement au défunt ou aux deux époux et qu’il était occupé à titre de résidence principale au jour du décès. Sauf volonté contraire du défunt exprimée par testament authentique, ce droit viager au logement est prévu par le Code civil en faveur du conjoint survivant.
En revanche, il n’est pas automatique, le conjoint survivant doit en faire la demande dans l’année qui suit le décès, souvent par acte notarié pour des raisons de preuve et de sécurité juridique.
Effets du droit viager au logement
Avec ce droit, le conjoint survivant peut continuer à vivre dans le logement familial sans être contraint par les autres héritiers de vendre le bien ou de quitter les lieux. La valeur de ce droit d’habitation et de ce droit d’usage est imputée sur ses droits dans la succession, ce qui réduit sa part en pleine propriété ou en usufruit, mais sans jamais l’obliger à indemniser la succession si la valeur de ce droit dépasse sa part théorique.
Le conjoint survivant ne peut en principe ni vendre ni louer librement le bien, mais il est admis qu’une mise en location limitée peut être envisagée pour adapter ses besoins, par exemple pour financer un nouveau logement plus adapté à son âge ou à sa santé. À ce stade, les choix patrimoniaux doivent être étudiés avec un avocat rompu au droit des successions et du patrimoine, pour arbitrer entre droit viager au logement, usufruit et pleine propriété.
Mariage, Pacs, concubinage, des protections très différentes
Les droits sur le logement familial varient fortement selon que le couple était marié, pacsé ou en union libre au moment du décès, ce qui a un impact direct en droit des successions et du patrimoine. Le conjoint survivant marié a un statut légal d’héritier, bénéficie du droit temporaire au logement, du droit viager au logement, et de certaines priorités dans le partage.
Le partenaire de Pacs, lui, ne bénéficie pas automatiquement des mêmes droits sur le logement familial, mais il peut rester titulaire du bail en cas de location, et il peut être avantagé par testament. Le concubin, enfin, n’est pas héritier légal et ne bénéficie d’aucune protection automatique sur le logement, sauf dispositions particulières, indivision organisée, donation, usufruit ou testament.
Tableau récapitulatif des protections selon le statut du couple
| Statut du couple | Héritier légal sur la succession | Droit temporaire d’un an sur le logement familial | Droit viager au logement possible | Protection spéciale sur le bail d’habitation | Référence juridique principale |
| Mariage | Oui (conjoint survivant) | Oui, jouissance gratuite pendant un an | Oui, sur demande dans l’année | Oui, transfert ou maintien du bail | Code civil, articles 763 et 764 |
| Pacs | Non, sauf dispositions testamentaires | Non automatique, protection limitée | Non, sauf dispositif spécifique prévu | Oui, possibilité de transfert du bail | Code civil, régime du Pacs et bail d’habitation |
| Concubinage | Non (pas héritier légal) | Non, aucun droit spécifique | Non, sauf droits constitués avant décès | Possible seulement si concubin cotitulaire du bail | Règles générales du bail et de la propriété |
Ce tableau montre à quel point le mariage reste protecteur pour le conjoint survivant sur le plan du logement familial, alors que les couples non mariés doivent anticiper davantage en droit des successions et du patrimoine pour sécuriser leur situation.
Attribution préférentielle, rachat du logement par le conjoint survivant
Au moment du partage de la succession, le conjoint survivant qui se retrouve en indivision avec les enfants ou d’autres héritiers peut demander l’attribution préférentielle du logement familial. Ce mécanisme de droit des successions et du patrimoine lui permet de devenir propriétaire du bien, même si sa part d’héritage ne suffit pas à couvrir la totalité de la valeur du logement.
Dans ce cas, le conjoint survivant pourra devoir verser une soulte aux autres héritiers, avec des délais de paiement pouvant aller jusqu’à dix ans pour faciliter l’équilibre financier. Ce dispositif évite la vente forcée du bien et permet de maintenir le cadre de vie du conjoint survivant, tout en respectant les droits économiques des autres héritiers.
Fiscalité, droits de succession et exonération du conjoint
Sur le plan fiscal, le droit des successions et du patrimoine prévoit une règle très favorable au conjoint survivant, celui-ci est aujourd’hui exonéré de droits de succession sur les biens reçus du défunt, qu’il s’agisse du logement familial ou d’autres éléments du patrimoine. Cette exonération s’applique également au partenaire de Pacs, ce qui rapproche leur situation de celle des époux sur le plan fiscal, même si les droits civils restent différents sur le logement.
En pratique, cela signifie que, lorsque le conjoint survivant reçoit la propriété ou l’usufruit du logement, il n’a pas à régler de droits de succession, mais doit tout de même tenir compte d’autres taxes éventuelles, comme la taxe foncière ou les frais de notaire. Là encore, l’accompagnement par un cabinet d’avocats en droit des successions et du patrimoine permet de structurer la transmission pour limiter les tensions familiales et les charges financières à long terme.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit des successions et du patrimoine ?
Les règles relatives au droit du conjoint survivant sur le logement familial combinent le Code civil, la fiscalité, les contrats de mariage, les régimes matrimoniaux et parfois les donations entre époux ou les testaments. Sans accompagnement, il est facile de passer à côté d’un droit, par exemple de oublier de demander le droit viager au logement dans le délai d’un an, ou de ne pas utiliser la possibilité d’attribution préférentielle.
Un avocat expérimenté en droit des successions et du patrimoine analyse votre situation, régime matrimonial, structure du patrimoine, dettes, enfants de lits différents, pour proposer des solutions sur mesure. Cela peut aller de la rédaction d’un testament à la mise en place de donations, en passant par une stratégie d’optimisation fiscale et de protection maximale du logement familial pour le conjoint survivant.

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