3 minutes de lecture | 26 janvier 2026

Est-il possible de divorcer sans prestation compensatoire ?

Le droit de la famille soulève très souvent cette question : est-ce que l’on peut divorcer sans payer de prestation compensatoire ? Beaucoup d’époux redoutent cette somme, d’autres comptent dessus pour maintenir leur niveau de vie après le divorce. La réalité est simple : non, la prestation compensatoire n’est ni automatique ni systématique. 

Pour mieux comprendre le fonctionnement de la prestation compensatoire en droit français, il est essentiel de connaître les critères pris en compte par le juge. Selon la situation de chaque époux, tous n’ont pas forcément droit à une prestation compensatoire. Le montant de la pension compensatoire varie ainsi selon la durée du mariage, la différence de revenus et les besoins spécifiques de chaque partie. Enfin, il ne faut pas confondre pension alimentaire et prestation compensatoire, deux notions juridiques distinctes en matière de divorce.

Rappel : qu’est-ce qu’une prestation compensatoire ?

La prestation compensatoire est une somme destinée à compenser la différence de niveau de vie créée par la rupture du mariage entre les ex-époux. Elle ne cherche pas à « punir » un conjoint, mais à rééquilibrer des situations économiques très différentes. Elle ne concerne que les couples mariés, un PACS ou un concubinage ne peuvent pas donner lieu à une prestation compensatoire

En pratique, elle est versée en général sous forme de capital (argent, attribution d’un bien, part de propriété) et beaucoup plus rarement sous forme de rente. La loi prévoit que cette indemnité est fixée au moment du divorce, soit d’un commun accord, soit par le juge

Peut-on divorcer sans aucune prestation compensatoire ?

Oui, il est tout à fait possible qu’aucune prestation compensatoire ne soit versée. Le juge n’y est jamais obligé, même si les niveaux de vie ne sont pas exactement identiques. Ce qui compte, c’est l’existence d’une vraie disparité créée par le divorce dans les conditions de vie respectives des ex-époux. 

Le juge peut donc refuser toute prestation compensatoire si, par exemple, les deux conjoints disposent chacun de revenus stables, d’un logement correct et d’une autonomie financière suffisante. Dans ce cas, l’un ne se retrouve pas particulièrement fragilisé par la fin du mariage, même si leurs revenus ne sont pas strictement identiques.

Les critères légaux qui conditionnent la prestation compensatoire

Pour décider si une prestation compensatoire est due, le juge s’appuie sur plusieurs critères légaux fixés par le Code civil. Chaque critère permet de mesurer concrètement l’écart de situation entre les époux. 

Les principaux critères examinés

 

Le juge regarde notamment : 

 

  • La durée du mariage (un mariage très court joue souvent contre la prestation).
  • L’âge et l’état de santé des époux.
  • Le niveau de qualification et la situation professionnelle.
  • Les revenus actuels et les perspectives d’évolution.
  • Le patrimoine de chacun (biens propres, biens communs, héritages).
  • Les choix faits pendant le mariage (carrière mise en pause pour les enfants, mobilité pour la carrière de l’autre, etc.).
  • Les droits à la retraite déjà constitués et prévisibles.

 

Si, au regard de ces éléments, le juge considère que le divorce ne crée pas de disparité notable, il peut refuser toute prestation compensatoire. 

Cas typiques où il n’y a pas de prestation compensatoire

Dans la pratique, plusieurs situations reviennent souvent lorsque le juge refuse ou écarte la prestation compensatoire

 

1. Revenus proches et autonomie financière

 

Lorsque chacun dispose d’un revenu stable et suffisant, d’un emploi pérenne et d’une capacité à subvenir seul à ses besoins, la prestation compensatoire n’a en général pas de raison d’être. Même si l’un gagne un peu plus que l’autre, le juge regarde surtout l’autonomie globale et le niveau de vie réel

 

2. Mariage de courte durée

 

Pour un mariage très court, la jurisprudence est souvent restrictive. Si la disparité existait déjà avant le mariage et que le couple a très peu vécu ensemble, le juge estime souvent que le divorce ne crée pas la disparité, il la constate seulement. La prestation compensatoire est alors fréquemment refusée

 

3. Époux déjà aisés chacun de leur côté

 

Lorsque les deux époux ont un patrimoine important et des revenus élevés, la rupture n’entraîne pas de déséquilibre réel entre eux. Dans ce cas, le divorce modifie le niveau de vie, mais de manière comparable pour les deux, ce qui ne justifie pas forcément une compensation

 

4. Remariage ou vie en couple stable du demandeur

 

Si la personne qui demande la prestation compensatoire vit déjà en couple stable avec un nouveau partenaire disposant de moyens confortables, sa situation globale est prise en compte. Cette nouvelle stabilité financière peut conduire le juge à refuser la prestation. 

Différence entre prestation compensatoire et pension alimentaire

Beaucoup de personnes confondent pension alimentaire et prestation compensatoire, alors qu’il s’agit de deux mécanismes très différents. 

 

  • La pension alimentaire sert à participer à l’entretien et à l’éducation des enfants ; elle dépend des besoins de l’enfant et des ressources des parents.
  • La prestation compensatoire vise à compenser la différence de niveau de vie entre les ex-époux ; elle concerne uniquement le lien conjugal.

On peut donc très bien avoir une pension alimentaire pour les enfants sans qu’aucune prestation compensatoire ne soit versée au profit de l’ex-conjoint. 

Comment éviter ou limiter la prestation compensatoire légalement ?

La question n’est pas seulement « est-il possible de divorcer sans prestation compensatoire ? », mais aussi « comment organiser son dossier pour réduire ce risque dans le respect de la loi ? ». 

 

Travailler votre projet de vie et vos justificatifs

 

Plus votre situation personnelle montre une autonomie financière, moins la prestation compensatoire sera justifiée. Cela passe par : 

 

  • Un emploi ou un projet professionnel sérieux.
  • Des justificatifs précis de vos revenus et charges.
  • Une répartition équilibrée des biens au moment de la liquidation du régime matrimonial.

 

Montrer que le divorce ne vous place pas dans une situation de grande précarité par rapport à votre ex-conjoint est un élément central

 

Négocier dans le cadre d’un divorce amiable

 

Dans un divorce par consentement mutuel, les époux peuvent définir ensemble les modalités de la prestation compensatoire, voire décider de n’en prévoir aucune, si l’équilibre général est respecté. Un accord bien rédigé et équilibré a toutes les chances d’être homologué, surtout s’il est préparé par des avocats en droit de la famille

Vous pouvez, par exemple, compenser autrement : attribution d’un bien, partage particulier d’un patrimoine ou renonciation à certains droits en échange de l’absence de prestation compensatoire

Exemple concret, quand le juge peut refuser la prestation compensatoire

Imaginons un couple marié depuis huit ans, sans enfant, où chacun travaille à temps plein. Madame gagne 2 600 euros nets par mois, Monsieur 3 000 euros, les deux ont une épargne et un logement possible après le divorce. Aucun des deux n’a sacrifié sa carrière pour l’autre, et les droits à la retraite sont relativement proches.

Dans ce type de situation, le juge peut considérer que le divorce ne crée pas de disparité suffisamment importante dans les conditions de vie pour justifier une prestation compensatoire. La différence de revenus existe, mais elle ne place pas l’un des époux dans une situation de dépendance économique forte vis-à-vis de l’autre. 

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